Quatre saisons dans le désordre

13 morceaux

  • 01

    Quatre saisons dans le désordre

    Paroles

    Quatre saisons dans le désordre

    Il pleut en décembre
    Comme il neige au mois de mai
    Le temps est malfaisant
    Mon corps peut s'en défendre
    Mais mon coeur est perturbé
    Malfaisant et enrageant
    Les amitiés s'effritent
    Ainsi soit-il et ainsi de suite

    Il peut en descendre
    Si le chasseur est bien informé
    Des dizaines sur l'étang
    Encore que pour se rendre
    Faut-il une voiture équipée
    Jusqu'au bois ou jusqu'au champ
    Éviter le mal au faisan
    Puis chemin faisant s'en retourner


    Les vents sont favorables
    Et les astres s'alignent
    Les vents sont favorables
    J'irai à la pêche à la ligne


    Un peu d'été semble
    Comme le solfège ou solfier
    Tout ce qu'il y a de plus évident
    Si le Nord était à vendre
    Futile serait d'en rêver
    Moscou boirait à nous en chantant
    Sur toi le froid s'agrippe
    Comme sur les toits les stalactites


    Les vents sont favorables
    Et les astres s'alignent
    Les vents sont favorables
    J'irai à la pêche à la ligne


    Les vents sont favorables
    Et les astres s'alignent
    Les vents sont favorables
    J'irai à la pêche à la ligne

  • 02

    Sortez-moi de moi

    Paroles

    Sortez-moi de moi

    Quelqu'un m'a dit que tout autour
    De mon nombril se trouve la vie
    La vie des autres, la vie surtout
    De ceux qui meurent faute de nous
    Qu'il faudrait qu'il pleuve
    Où il ne pleut guère
    Qu'il faudrait un fleuve
    Où c'est sans rivière

    Et moi j'étais sur moi alors
    J'écoutais couler dans mes veines
    Mes vaisseaux et mes anticorps
    Depuis des mois, des années même
    J'observais battre mes paupières
    Mon corps prendre et rendre l'air

    J'ai des yeux qui refusent de voir
    Des mains qui frôlent sans toucher
    Sortez-moi de moi
    Chacun ses envahisseurs
    Chacun ses zones sinistrées
    Sortez-moi de moi
    De moi

    Ce même quelqu'un m'a dit, je cite :
    « Je pars pour l'autre continent »
    Il n'était pas très explicite
    Mais juste assez bouleversant
    « Je pars et c'est important
    Donner mon temps souffler mon vent »

    Mais moi j'ai des yeux qui refusent de voir
    Des mains qui frôlent sans toucher
    Sortez-moi de moi
    Chacun ses envahisseurs
    Chacun ses zones sinistrées
    Sortez-moi de moi
    De moi

    Pour me voir quitter l'alvéole
    Où je veille et où je dors
    Il me faudrait l'amour le plus fol
    Un incendie et quoi encore
    Il m'a dit voir beaucoup souffrir
    Sans doute voulait-il m'instruire
    Sur le fait que son bonheur
    Repose sur l'index et le majeur
    Puis il a brandi ses deux doigts
    La main bien haute le bras bien droit

    Mais moi j'ai des yeux qui refusent de voir
    Des mains qui frôlent sans toucher
    Sortez-moi de moi
    Chacun ses envahisseurs
    Chacun ses zones sinistrées
    Sortez-moi de moi
    Sortez-moi de moi

  • 03

    Les deux printemps

    Paroles

    Les deux printemps

    Ses yeux sont deux printemps
    Qui me font sourire et ça me fait rire
    Ses joues sont des torrents
    Les miennes s'y baignent mais encore pire
    Son coeur est une fête
    Le mien ne veut plus en sortir
    Elle est la plus belle saison de ma vie
    La plus belle saison de ma vie

    C'est un tourbillon, un grand vertige
    Complètement doux
    On dit qu'en haute voltige
    On peut tomber et se rompre le cou
    C'est pas mon premier vol
    Arrêtez bande de jaloux
    C'est la plus belle saison de ma vie
    La plus belle saison de ma vie

    Nos heures sont des rivières
    Qui courent en une folle frénésie
    L'amour est liquide clair
    Et nos deux corps sont amphibies
    La terre est un brasier
    Mais pour un moment l'oublier
    C'est la plus belle saison de ma vie
    La plus belle saison de ma vie

    Qu'elle ne plaise à personne
    Ni du visage ni de l'esprit
    Restez en votre automne
    L'été tout l'an me fait plus envie
    Persuadez-vous de mes deux yeux fermés
    J'affirme en toute cécité
    T'es la plus belle saison de ma vie
    La plus belle saison de ma vie

    Y a toujours des noirceurs
    Pour assombrir quelques beautés
    Des êtres qui ont peur
    Qui veulent vous en contaminer
    Me protéger des loups?
    Moi qui n'en compte que des amis!
    T'es la plus belle saison de ma vie
    T'es la plus belle saison de ma vie

    Nous serons vieux et frêles
    Peut-être même séparés
    Nos têtes pêle-mêle
    Incapables et usées
    Mais aujourd'hui je t'aime
    Aujourd'hui pour l'éternité
    T'es la plus belle saison de ma vie
    La plus belle saison de ma vie

  • 04

    Monsieur verbêtre

    Paroles

    Monsieur verbêtre

    J'étais à être
    J'étais à être bien
    Tibétain
    Près de tout ce qui est sain
    Calme félin
    J'avais besoin de trois fois rien
    1-L'amour des miens
    2-Du pain demain
    3-Et je sais plus quoi

    Il pleut je dors
    Mais pas quand c'est soleil
    C'est froid je lis
    Dans l'équateur de mon lit
    Bien à l'abri
    Des Appalaches sous le tapis
    Hors des visions d'horreur de mon prochain
    Qui va, qui vient
    Qui crève puis qu'on oublie


    Je suis à être
    Par moi sans les autres
    Et quand je le suis
    De mon visage glauque
    Mon coeur s'écoeure
    Il bat la vie qui elle me bat
    Je suis beau joueur
    La solitude avec ou sans
    C'est contraignant

  • 05

    Respirer dans l'eau

    Paroles

    Respirer dans l'eau

    Le temps est blanc
    Le jour fléchit
    Belle et douce nuit

    La lune est bleue
    Je m'assoupis
    Je pars le coeur dans l'étui
    Voilà que je respire dans l'eau
    Je vole même sans plumeau
    Je suis enfin moi, enfin moi


    Et puis le jour fait ce qu'il fait
    Défait le dormeur satisfait
    Il chasse tous les corps célestes
    Tout y passe bien peu qu'il reste
    Il reste moi qui volais
    Qui respirais dans l'eau
    Moi qui étais moi, étais moi


    Moi qui souris
    Qui marche enfin
    La tête hors des épaules
    Libre dans un corps
    Moi qui jaillis
    Des souterrains
    De cent siècles de taule
    Libre à mourir de rire


    Il reste moi qui volais
    Qui respirais dans l'eau


    Moi qui souris
    Qui marche enfin
    La tête hors des épaules
    Libre dans un corps
    Moi qui jaillis
    Des souterrains
    De cent siècles de taule
    Libre à mourir de rire
    De rire

  • 06

    Cruel (Il fait froid, on gèle)

    Paroles

    Cruel (Il fait froid, on gèle)

    Il fait froid on gèle
    Décembre est une nuit insensée
    La terre brûlante
    Donne au feu sa misère à brûler
    Au Moyen-Orient
    On tire à vue sur les tapis volants
    L'Afrique immatricule la zibeline
    L'excluant du coup de la famine
    L'Amérique de plus belle
    S'indigne d'un chien fouillant les poubelles
    Il fait froid on gèle
    Y a pas que l'hiver qui est cruel

    Farine à la pelle
    Poudrerie et même grésil
    On n'a de la mer que le sel
    Et une vague idée du Brésil
    Dis mon frère dis-moi
    La cicatrice que t'as au bras
    Est-ce le fruit du hasard
    Ou d'une agression tard le soir?
    Oui c'est qu'à la sortie du métro
    Un con a braqué son couteau
    Scalpel! Juste ciel!
    Y a pas que l'hiver qui est cruel


    Si le temps suit son cours
    Et j'ai bien peur qu'il le suivra
    On ne fera plus de l'amour
    Que notre sujet le plus délicat
    On niera ce qu'il y a de guerre
    Ce qu'il y a de sang et de misère
    Chanteront les canaris
    Pour enterrer le bruit de l'artillerie
    Mais pire que le mal de voir
    C'est cautionner le censeur et croire
    Qu'en vérité toute vérité
    N'est pas bonne à savoir
    Et il fait froid on gèle
    Y a pas que l'hiver qui est cruel


    Maman dis-moi dis
    Pourquoi j'ai quitté la chaumière
    Je suis sans cellule depuis
    Sans famille nucléaire
    Je sais de la vie
    Qu'elle se termine souvent au lit
    Et que d'autres ont bien plus de chance
    Trépassent de rire ou de jouissance
    Mais pire que la mort qui vient
    C'est l'amour qui ne vient jamais
    Prends tes ailes sers-toi d'elles
    Et tire-moi de ce bordel
    Où il fait froid où on gèle
    Où y a pas que l'hiver qui est cruel
    Il fait froid on gèle
    Où y a pas que l'hiver qui est cruel

  • 07

    La voie lactée

    Paroles

    La voie lactée

    La nuit sur le ciel
    Se posent mes yeux
    Ma gorge se noue tant je trouve belle
    (La nappe étoilée)
    Devant cette immensité
    L'âme la plus frileuse est nue
    (La plus seule accompagnée)
    Je m'expose au rythme fluide
    Des hydro-paillettes saoules
    Qui savent si bien onduler
    Maintenant dos sur terre
    Oeil sous paupière
    Je m'endors sous l'éternité
    (Sous l'éternité)

    Au matin couché
    Sous un cumulus
    Dans la boue et l'herbe souillée
    (J'ai deux pieds pour un soulier)
    Ma tête est égale
    À mes poumons vétustes
    La nuit a perdu de son lustre
    (Et de sa limpidité)
    J'ai dû inhaler un peu trop
    Le lent mouvement circulaire
    Des joyaux de Cassiopée
    Maintenant le soleil brûle
    Ma peau est rouge
    J'ai soif il faut que je bouge
    Retour du jour retour d'ennui


    Je rêve d'une chose en vérité
    Décrocher de la voie lactée...

  • 08

    Les temps fous

    Paroles

    Les temps fous

    Il pleut des années liquides
    Sur tes joues deux continents
    L'amour nous fait translucides
    Ton nez joue à l'océan
    Ton corps est un millénaire
    Et mes yeux un trajet lumière

    Tes cheveux font des anguilles
    Sur mon coeur qui n'est plus rien
    Qu'une horloge sans aiguilles
    Une misère s'en ferait du bien
    Tu habites un projectile
    Qui s'éloigne et moi je suis immobile


    Sentir ta main sur ma joue
    Ne pas la perdre comme on perd tout
    Les temps sont fous
    Aide-moi
    Pour que demain s'empare de nous
    Souffle, souffle dans mon cou
    Les temps sont fous
    Aide-moi
    Sentir ta main sur ma joue
    Souffle, souffle dans mon cou
    Que vents emportent les temps fous


    Sur un banc mat de la ville
    Un rêve fait la statue
    C'est le mien pauvre imbécile
    Du temps se moque dessus


    Sentir ta main sur ma joue
    Ne pas la perdre comme on perd tout
    Les temps sont fous
    Aide-moi
    Pour que demain s'empare de nous
    Souffle, souffle dans mon cou
    Les temps sont fous
    Aide-moi
    Sentir ta main sur ma joue
    Ne pas la perdre comme on perd tout
    Les temps sont fous
    Aide-moi
    Pour que demain s'empare de nous
    Souffle, souffle dans mon cou
    Les temps sont fous
    Aide-moi
    Sentir ta main sur ma joue
    Souffle, souffle dans mon cou
    Que vents emportent les temps fous
    Sentir ta main sur ma joue
    Souffle, souffle dans mon cou
    Les temps sont fous

  • 09

    Imparfait

    Paroles

    Imparfait

    Je grille une cigarette
    Je suis du bois d'allumette
    Qui se consume et je présume
    Que tout chemin se termine
    Autant pour prince que vermine
    La vie est ainsi faite

    Or que tout est bête
    Tout est vain et inutile
    Lorsqu'épuisé, fatigué
    Le corps n'est plus qu'un autre projectile
    Propulsé depuis matin
    Jusqu'au soir en bus, en train
    Je sais qu'un coeur peut s'arrêter pour moins


    Imparfait
    Le monde est imparfait
    Imparfait


    Le vent est si tendre sur midi
    Tu es septembre sur Paris
    Je pense à toi, ça fait du bien
    Toi dans ta ville et moi transsibérien
    Qui t'aime et qui t'adore
    Puis qui se hait d'aimer si fort
    L'amour est comme je le redoutais


    Imparfait
    L'amour est imparfait
    Imparfait


    Imparfait
    Le monde est imparfait
    Imparfait
    L'amour est imparfait
    Imparfait
    Le monde est imparfait
    Imparfait

  • 10

    Le parapluie

    Paroles

    Le parapluie

    Fragile petit matin sans pluie
    Que mon parapluie garde en respect
    Mais le ciel est au chagrin
    Et s'il avait deux mains, il chagrinerait
    Je marche inquiété de me noyer dans l'orage
    Et je compte au passage
    Les chauffards qui ont le doigt dans le nez

    Arrive rempli l'autocar
    J'y monte pour m'asseoir
    Mais reste debout
    C'est comme être cent milliards
    Sur la lune pour un soir
    Ça tire dans le cou
    Je regarde les aiguilles de mon temps
    J'ai une fille dans le sang
    Si j'arrive en retard, elle va m'engueuler


    Et ça sent la poussière
    Le vent soulève la terre
    De chastes baisers
    Parce que je suis libre comme l'air
    Libre de faire demi-tour
    J'vais continuer
    Continuer


    Et puis à la sortie
    J'ai plus de parapluie, je suis stupétri
    M'apostrophe une jeune fille
    Une maille à la cheville
    Belle, elle me dit:
    « Pardon cher monsieur
    Est-ce à vous ceci? »
    J'prends un air ébahi, je m'écrie :


    « Ah! Mon parapluie! »
    Elle l'a trouvé par terre
    Comme un coeur presqu'ouvert
    Comme le mien pour ses yeux verts
    Pourquoi faut-il que le temps file?


    Et ça sent la poussière
    Le vent soulève la terre
    De chastes baisers
    Parce que je suis libre comme l'air
    Libre de faire demi-tour
    J'vais continuer
    Continuer


    Et comme un bandit de grand chemin
    J'continue l'air malin
    L'air de tout savoir
    Mais au fond je n'sais rien
    Enfin presque rien
    Une coche au-dessus d'une poire
    Mais c'est bien suffisant
    Pour aimer tendrement
    Et avoir une idée
    De ce qu'est la liberté


    Et ça sent la poussière
    Le vent embrasse la terre
    De chastes baisers
    Parce que je suis libre comme l'air
    Libre de faire demi-tour
    J'vais continuer


    Et ça sent la poussière
    Le vent soulève la terre
    De chastes baisers
    Parce que je suis libre comme l'air
    Libre de faire demi-tour
    J'vais continuer
    Continuer
    Continuer
    Continuer

  • 11

    Je fais de moi un homme

    Paroles

    Je fais de moi un homme

    Chaque jour que la nuit amène
    Sur cinq matins pour toute peine
    Je sors de mon lit
    Nu, totalement moi-même
    J'enfile un ordinaire de scène
    Des vêtements de couleur
    Qui par je ne sais quel malheur
    Me font gris

    J'oublie celui que je suis
    Les yeux dans les sourcils
    Voilà dans mon uniforme
    Je fais de moi un homme


    J'arrive au travail
    Je pointe sans faille
    Toujours à l'heure pour un patron
    Qui au fond s'en fout
    Et je souris
    Puis je me désole
    Pour toute cette vie qu'on me vole


    J'oublie celui que je suis
    Les yeux dans les sourcils
    Voilà dans mon uniforme
    Je fais de moi un homme


    J'oublie celui que je suis
    Les yeux dans les sourcils
    Voilà dans mon uniforme
    Je fais de moi un homme


    Je fais de moi un homme
    Je fais de moi un homme
    Je fais de moi un homme
    Je fais de moi un homme


    Liberté à tous les guénillous
    Gloire aux couloirs où les vents sont doux
    Mes respects aux sans-abri les braves
    Mes amitiés aux chômeurs-courage
    Mes hommages à tout inventeur fou
    Vive le globe-trotter fauché, têtu
    Plein bonheur à plein sud au cerveau
    Toute ma joie à toute voie inconnue

  • 12

    Projection dans le bleu

    Paroles

    Projection dans le bleu

    Sois mon ami je t'en supplie
    Plus rien ni personne pour moi ne sonne
    Toujours tout seul, pas à demi
    Trois jours sans que mots ne soient sortis
    Chez moi tout haut joue la radio
    Ça chante l'amour des chanteuses m'aiment
    Et s'attristent de mon départ
    Ça coule les larmes, ça va le drame
    Des divas en sanglots dans la douleur
    Pour moi qui ne les ai jamais quittées

    Le ciel ouvert fait de lui un repère
    Mes yeux font d'eux un reflet
    Qui projettent moi défait
    Si le ciel fait une éclaircie
    Je te jure à faire des envieux
    Je me lance dans le bleu

    Temps de soleil et temps de pluie
    Sont temps égaux dans mon logis
    J'ai parfois peur que par malchance
    On ne me fasse payer mes absences
    Absent la fois des peines d'amour
    Pas là la fois de quelques bonheurs
    Tous mes amis se vengent-ils en choeur?
    Si j'avais su que ma suffisance, mes longs silences
    Me foutraient la paix à jamais
    Vous m'auriez sur les talons aujourd'hui

    Le ciel ouvert fait de lui un repère
    Mes yeux font d'eux un reflet
    Qui projettent moi défait
    Si le ciel fait une éclaircie
    Je te jure à faire des envieux
    Je me lance dans le bleu

    Le ciel ouvert fait de lui un repère
    Mes yeux font d'eux un reflet
    Qui projettent moi défait
    Si le ciel fait une éclaircie
    Je te jure à faire des envieux
    Je me lance dans le bleu
    Si le ciel fait une éclaircie
    Je te jure à faire des envieux
    Je me lance dans le bleu

    Sois mon ami je t'en supplie
    Plus rien ni personne pour moi ne sonne

  • 13

    Primate électrique

    Paroles

    Primate électrique

    En qualité de primate électrique
    Je vis sans but, je vais sans hic
    Au gré des sentiments, au gré du temps
    Puis de nulle part vient le printemps

    C'est donc en vertu d'une fatigue soudaine
    Mélangée à la peine de l'esseulé
    Que ni le corps ni l'âme ne manifestent bien
    Le tout petit désir de vivre


    J'ai attiré l'escouade technique
    Parce que dos aux briques j'ai exprimé
    D'une hauteur inquiétante pour qui ne sait voler
    Mon seul et cuisant chagrin d'amour


    Les joues en rivière, les deux mains glacées
    Et tout le quartier au parterre pariant sur ma chute
    « Tombera-t-il au sol ou sur le cabriolet? »
    Qu'importe mais quitter ce monde laid


    Je ne dois à personne mon coeur encore qui bat
    Qu'à une flamme bonne qui scintilla
    Cet instant fatidique avant le saut mortel
    Depuis Dieu m'intrigue et j'attends le printemps
    Aujourd'hui Dieu m'intrigue
    Et j'attends le printemps